Le projet  du Bateleur démarre dès 2010 entre le hameau du Viel Audon (jardin maraîcher) et la SCOP Ardelaine (lancement d’une conserverie associative) . Quelques mois de bénévolat entre les deux sites pour permettre aux quatre créateurs-trices de monter en compétences, de capitaliser des heures de travail pour constituer le fond de roulement nécessaire à l’activité. Les 4 premiers contrats commencent en 2013. Aujourd’hui, c’est 6 personnes (5 contrat salariés et un contrat CAPE) qui portent le projet soit 4 ETP (équivalent temps plein).

Travailler oui mais pas n’importe comment

Le TRAVAIL * au Bateleur,  c’est s’organiser collectivement et le plus horizontalement possible pour faire vivre les valeurs, les envies, les idées des porteurs-teuses du projet.

Entreprendre, se tester, et trouver une place.

C’est aussi mettre du sens dans son activité.

L’objectif de l’association est de redonner sa place nourricière à l’agriculture & aux paysan(ne)s, de valoriser les ressources culturelles et vivrières du territoire, de recréer du lien entre producteurs et consommateurs, de rendre accessible des produits de qualités…

Et tout ça, le Bateleur tente de le mettre en place en dégageant des salaires, en créant de l’économie locale sur un territoire rural plutôt isolé.

Cette aventure humaine permet de se saisir de l’outil économique, d’expérimenter une activité génératrice de richesses bénéfiques pour l’environnement et les acteurs locaux.

Un des autres aspects importants du travail au sein de l’association est l’apprentissage et la professionnalisation par l’expérience concrète de l’activité et de son développement.

Tous-tes les acteurs-trices du projet ne sont pas des experts de la transformation alimentaire, du jardin, de la commercialisation, de l’analyse budgétaire,etc…

Non ! Ils ne sont pas issus non plus du monde agricole.

Chacun-une a appris son métier en le faisant, en s’auto-formant, en visitant d’autres projets,etc…

La polyvalence est aussi présente au sein de l’équipe. Chacun-une a un fil à suivre mais reste soutenant pour le reste des activités que ce soit dans le travail ou dans la prise de décision.

Ainsi, le Bateleur est une aventure humaine forte, engagée, libre et solidaire.

* Étymologie du mot « travail »

Une étude faite par Marie-France Delport des mots hispaniques médiévaux trabajo (= travail) et trabajar (= travailler) montre qu’ils expriment une « tension qui se dirige vers un but et qui rencontre une résistance ». L’auteure propose de rapprocher cette description sémantique du préfixe latin trans-, qui se réduit souvent à tra– (tramontane, traverser, traboule, etc.), et qui exprime un principe de passage d’un état vers un autre.

Un autre lien : le lien formel évident entre travail et l’anglais travel, qui signifie « voyager ». Tout porte à croire que l’anglais travel provient bel et bien de France, à époque médiévale et peut-être avant. Une source serait donc commune à l’anglais travel et au français travailler, en imaginant une bifurcation vers l’idée du voyage – accompagnée de l’idée d’effort ou d’obstacle à franchir – et une autre vers l’idée plus générale de « tension vers un but rencontrant une résistance ».